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[Critique] LA MAISON DE LA MORT (1932/1934) de James Whale

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Surpris par un orage et une pluie diluvienne, des voyageurs égarés trouvent refuge dans une demeure lugubre, appartenant à l’étrange famille Femm. Ils y rencontrent d’inquiétants personnages : Horace, le blafard maître de maison, sa sœur Rebecca, sourde et religieuse obsessionnelle, ou encore Morgan, le domestique défiguré et muet, sujet à des crises de violence lorsqu’il boit. L'atmosphère est lourde et menaçante, et la nuit s’annonce longue…
Avec La Maison de la mort, aussi connu sous le titre Une soirée étrange, James Whale sera l'un des premiers cinéastes à introduire le thème de la maison "maudite" voire "hantée" sur grand écran.

Bien antérieure au cinéma, la figure de la maison hantée, souvent traitée comme un personnage à part entière, est récurrente dans la littérature anglo-saxonne. On la retrouve chez Edgar Allan Poe dans La Chute de la maison Usher, mais aussi chez Shirley Jackson dont The Haunting of Hill House inspirera un des plus grands classiques du genre en 1963, The Haunting, Le Maison du diable de Robert Wise. Sur un schéma assez proche, 30 ans plus tôt, James Whale s'inspirait aussi d'un écrivain, John Boynton Priestley et de son roman Dans la nuit. William Castle l'adaptera à son tour en 1963 avec The Old Dark House.



Encore tout auréolé du succès de Frankenstein, chef-d’œuvre qui allait influencer durablement le cinéma fantastique américain, James Whale renouait avec le mystère et les monstres tout en s'entourant, succès aidant, des meilleurs techniciens du studio Universal et d'un casting d'exception : Boris Karloff (Frankenstein, La Momie) dans le rôle du repoussant et inintelligible Morgan, mais aussi Charles Laughton, réalisateur du cultissime La Nuit du chasseur, qui campe ici le volubile Sir William Porterhouse sans oublier des stars de l'époque tels Melvyn Douglas (Le Fantôme de Milburn, L'Enfant du diable), Ernest Thesiger (La Fiancée de Frankenstein), Lilian Bond (Le Portrait de Dorian Gray) ou encore Gloria Stuart (L'Homme invisible, Titanic version Cameron).

Alors quel mal abrite cette sinistre maison ? Quelle est la mesure de son influence sur ceux qui l’occupent ? Un peu à  l'image de Hill House dans La Maison du diable ou de Manderley, dans le Rebecca d'Hitchcock, le réalisateur cultive l'ambiguïté. C'est une brochette de citadins perdus au fond des montagnes galloises lors d'une nuit d'intempéries qui en feront les frais, échouant dans une demeure aussi inhospitalière que ses habitants. Au fil des discussions, évocatrices sur la condition de chacun, le spectateur s'inquiète et s'amuse aussi de cette famille aux comportements pour le moins étrange. Dans ce contexte mystérieux, se met en place une romance, sans doute le volet le moins convaincant du film. En effet, en quelques minutes, un couple illégitime se forme, ce qui ne semble toutefois pas déranger le richissime éconduit dans la foulée. Des comportements un peu déconcertants qui ne seraient pas vraiment acceptables dans un scénario qui se veut crédible aujourd'hui.


En revanche, on appréciera davantage le côté huis clos mystérieux, usant des codes du survival, devinant même ici ou là les germes de Massacre à la tronçonneuse et son monstre caché par une famille excentrique. Au travers d'elle, James Whale pratique un humour noir savoureux et appréhende avec brio ces caractères hauts en couleur, en décalage avec leur époque.

Bien que visuellement marqué par son âge, les intérieurs minimalistes du lieu n'arrangent rien à l'affaire, le charme historique du métrage fait son effet. Adroitement écrit, faisant monter la "tension" progressivement on apprécie aussi, une fois de plus, le flaire de Carl Lemmle Jr, futur patron d'Universal, qui était le seul à employer des stars dans ses production horrifiques.
N.F.T.

 
EN BREF
titre original : The Old Dark House
Titre français alternatif : Une soirée étrange
distribution : Boris Karloff, Melvyn Douglas, Charles Laughton, Lillian Bo...
pays d'origine : États-Unis
budget : 250 000 $
année de production : 1932
date de sortie française : 6 avril 1934
durée : 72 minutes
adrénomètre : ♠
note globale : 3/5

† EXORCISME †
▲ Casting
▲ Occupants de la maison
▲ Charme rétro

- DÉMYSTIFICATION -
▼ Très bavard
▼ Romance improbable
▼ Manque d'action


LE FLIP
Morgan...


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Les Innocents
Massacre à la tronçonneuse 


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